Être là, présent
- 8 juil.
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Depuis mon départ, un phénomène m’émerveille de façon quotidienne et l’expliquer n’est pas simple car ça pourrait sembler être un biais personnel.
Un petit détour pour expliquer la chose. À l’époque où j’étais directeur d’un CPE, un de mes plaisirs était d’assister à la conférence annuelle de l’association américaine NAEYC (National Asseciation for the Education of Young Chidren). Et oui, notre système québécois est beaucoup plus inspiré par l’approche américaine que française, sauf en ce qui concerne son financement bien entendu. Le lien entre le milieu universitaire et communautaire y est particulièrement vivant et intéressant. Une des grandes bonzes du domaine avait fait une citation qui m’est restée depuis : “Je visite régulièrement des garderies et autres services. Parfois toutes les conditions sont réunies pour offrir de bons services : taille des groupes, aménagement des locaux, formation du personnel, matériel éducatif, mais quelque chose ne fonctionne pas : the’re nobody there”. Il n’y a personne de présent, les gens qui y travaillent n’y sont pas avec leur cœur.
Depuis mon passage en Polynésie, j’ai cet émerveillement quotidien que les peuples orientaux dans leurs intéractions quotidiennes sont présents et que, même dans les brefs échanges commerciaux, ils ont du plaisir à communiquer avec moi. Ça se vérifie tout au cours de la journée avec les divers préposés, mais aussi avec les gens que je photographie ou filme alors qu’ils pourraient être contrariés d’envahir leur intimité. Souvent même avec des gens que je croise du regard et où un sourire s’allume. Voyageant seul, ces contacts sont non seulement agréables, mais sont aussi une vibrante démonstration que la beauté de la vie est étroitement liée aux relations humaines et à son apréciation. D’ailleurs, il est démontré que la qualité de notre réseau social a un sur notre longétivité. Les amitiés profondes sont importantes certes, mais je constate ici que les contacts quotidiens chaleureux pimentent la vie.
Les quelques techniques orientales que j’ai expérimentées, yoga, tai-chi, shiatsu, ont toutes en commun de se concentrer sur soi-même, être présent à soi, à son souffle, à habiter son corps. Est-ce la poule ou l’œuf ? Qui crée quoi ? Toujours est-il que l’un entretient l’autre et se tiennent à distance de notre obsession de performance bien occidentale.
Le voyage est un rappel que la vie se vie au moment présent et que pour l’apprécier il faut être là, pas ailleurs, mais présent à ce qui défile devant et en soi. Comme le dit si bien le proverbe : les absents ont toujours tort.

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