Cinquième étape: Aix-en-Provence

 

 

Il fait encore noir quand je mets le nez dehors. Normal, la France vit une heure en avance sur l'heure solaire en hiver, deux en été. Les écoliers et les adultes se pressent vers leurs occupations. Je suis un peu plus lent, en fait je me traîne un peu ce matin. L'enthousiasme du premier départ fait place à un sentiment de vide. Cette séparation, que je voyais venir, est plus pénible que je ne l’appréhendais. 
 
Isabelle m'avait indiqué où faire du stop pour sortir de la ville et le lieu s'avère pas très loin et excellent. Je n’attends pas longtemps : après quelques minutes un homme s'arrête. Il va à Paris. Il n'est pas très jasant, moi non plus. C'est parfait. La radio comble le silence. Après quelques publicités et les informations, une chanson que j’entends pour la première fois: « Il est cinq heures, Paris s'éveille ». Les images du Paris ouvrier défilent et me redonnent le goût du voyage. Puis, je pense que je vais revoir Gilles à Aix où il devrait faire soleil. Ça va mieux.
 
Je demande à mon chauffeur de me descendre à la dernière halte avant Paris afin de trouver un autre samaritain allant vers le sud. Il est surpris de mon choix, mais trouve que c'est un bon plan. Ils sont futés ces Canadiens!
 
Tous les automobilistes que j'aborde se rendent à Paris. Après un bon moment, je décide d'aborder les camionneurs. Quand ils me voient arriver avec mon sac à dos et mes cheveux longs ils sont plutôt fuyants et semblent aller dans toutes les directions sauf le sud. Je suis un peu découragé, mais je garde espoir, après tout il n'en faut qu'une seul. Il apparaît, un gros tracteur Volvo tirant une remorque bien identifiée Lyon Transport. Il descend pour faire le plein. Je l'aborde.
-       Bonjour, monsieur, allez-vous vers Lyon ?
-       Eh oui, pourquoi?
-       Je suis Canadien et je cherche une occasion pour m'y rendre. Pourriez-vous me prendre?
-       Eh bien, pourquoi pas. Je dois boire un café et on y va?
-       Wow! Merci.
 
Ça bouchonne un peu autour de Paris, puis la route du Sud s'ouvre. Les kilomètres se déroulent au son de la radio commerciale que j'écoute avec curiosité. Je réalise que nous avons au Québec une image élitiste de la France, mais que la France populaire, on connaît peu finalement. Les Français qui ont immigré au Canada sont en grande majorité des personnes scolarisées, des artistes ou des enseignants. 
 
Le camion ne roule pas très vite et c’est en début de soirée que nous arrivons à Lyon. J’aurais pu continuer, en faisant du stop dans les stations-service, ce n’est pas gênant de rouler le soir ou même la nuit. Mais je décide de m’arrêter. Je suis un peu fatigué et pas pressé d’arriver à Aix, n’étant pas sûr que Gilles y soit déjà sur place.  L’autoroute passe par le centre-ville et mon chauffeur m’y laisse. ll fait gris, humide et encore froid.  
 
Avant de trouver où se trouve l’auberge de jeunesse, j’arrête dans un petit bar qui a un petit air sympathique. Je m’y installe au fond de la salle qui est déserte.  Je demande un jambon beurre et un demi que je sirote lentement. Par la vitrine, je vois une jeune fille qui stationne sa mobylette, enlève son casque et secoue sa magnifique chevelure bonde.  Elle est menue et très jolie.  Elle entre dans le bar et vient s’installer pas très loin de ma table. Elle pose ses choses et nos regards se croisent.
 
-       Pas très chaud pour faire de la mobylette ?
-       Non justement, je viens me réchauffer.
Le garçon approche et elle demande un chocolat. Elle a l’air un peu réservée, gênée.  Je la trouve vraiment attirante et je poursuis notre dialogue en lui demandant si elle est étudiante.  Elle étudie en art et une longue conversation s’en suit. Elle reste distante, mais poursuit la conversation et s’intéresse à mon parcours. Puis elle me dit qu’elle va au cinéma et m’invite à l’accompagner en spécifiant que c’est un film d’art et d’essais expérimental. J’accepte avec empressement, en fait j’irais même voir avec elle un film en serbo-croate sous-titré en allemand. Mais je me garde une petite gène de le lui dire.

Elle verrouille sa mobylette, le cinéma est tout près et nous irons à pied.  C’est une toute petite salle et l’auditoire est composé uniquement de jeunes étudiants.  En lisant le programme, je réalise que le film que nous allons voir porte sur les phantasmes sexuels d’un jeune homme qui se retrouve isolé sur une ile en la seule compagnie de deux jeunes femmes. Rien pour me calmer.  Le traitement est assez non conventionnel, mais très explicite.  Les images sont travaillées en ralenti avec des reprises et des superpositions avec des musiques bien appropriées. Nos corps se rapprochent et petit à petit nous nous tenons la main. Avant que le film ne se termine, nous avons une embrassade torride.
 
Puis la lumière fut ! Nous nous regardons. Elle a gardé sa petite gêne dans les yeux et me tend la main pour se lever et sortir du cinéma.  Nous marchons en nous prenant par la taille.  Je ne sais pas grand-chose d’elle, mais elle est très jolie et a un corps qui me parle, qui me hurle plutôt. Nous retournons vers la mobylette. En chemin, je vois un petit hôtel une étoile de l’autre côté de la rue.  Ce n’est pas dans mes habitudes de dormir à l’hôtel, mais ce soir c’est un cas de force majeure.  Je lui demande si elle veut bien aller à l’hôtel avec moi pour y passer la nuit.  Elle hésite une peu, puis me prend la main et me tire pour traverser la rue.
 
Aussitôt dans la chambre, nous nous allongeons sur le lit et assez rapidement, nous nous retrouvons nus sous les draps.  Elle a un joli petit corps, une peau de satin dont les effluves m’enivrent. Sa taille fine, ses petits seins pointus, la toison soyeuse de son sexe, tout ça me plaît. Nous avons une belle complicité, passant de moment tendre et affectueux à d’autres, intenses. Le film nous a apparemment bien mis en appétit. Puis c’est la panne.  Elle arrête sec.
 
-       Je me sens mal tout d’un coup.
-       C’est un peu normal, on se connaît à peine. On va arrêter et on verra. 
 
Je la prends dans mes bras et pose sa tête sur mon épaule.  Nous parlons peu, mais ma présence semble lui faire du bien.  Petit à petit, le jeu reprend, s’accélère et s’arrête à nouveau.  Le scénario se répète et même si je suis très excité, le plaisir d’être contre elle me comble. Finalement, elle me calme avec ses mains et nous nous endormons.
 
Il fait encore noir quand elle me signifie qu’elle doit partir, car elle a cours ce matin. On s’embrasse avec tendresse.  Elle est vraiment jolie, douce, un peu mystérieuse.  Peut-être aurai-je pu en tomber amoureux ? Je ne le saurai jamais, on ne s’est pas échangé nos coordonnées.
 
La chambre vide m’est insupportable et malgré le peu de sommeil, je n’arrive pas à me rendormir. Je décide de partir.  Je passe devant le bar qui est fermé, la mobylette a disparu avec la belle envolée vers je ne sais quel avenir. Lyon, la capitale gastronomique de la France aura une toute autre signification pour moi.
 
 
En roulant vers le sud, le soleil se fait plus présent, la température monte et la végétation s'assèche. Le Midi, la Provence de Pagnol se fait sentir. De halte routière en halte routière, je change de chauffeur pour finalement tomber sur mon premier méridional à l'accent chantant. Il rigole bien quand je lui en fais la remarque parce qu'en fait d'accent, il trouve que j'en ai un pas mal. Cette complicité me fait du bien car je suis encore un peu bouleversé. Décidément, les Françaises me perturbent. 
 
J'arrive à Aix en début d'après-midi. Le soleil est bon, ma veste superflue. Je déambule le long du cours Mirabeau, c'est chic, agréable, mais je m'y sens un peu marginal. Pas moyen d'avoir un ballon de rouge, on ne sert que le Beaujolais nouveau avec le prix qui l’accompagne. 
 
L'appartement de Gilles dont il m’a laissé l’adresse est situé tout près. Un peu anxieux, je m'y rends. C'est sur une petite place, cinq étages, la porte d'entrée est ouverte sur un large escalier en marbre creusé par les pas au fil des siècles. Il loge au quatrième et sur la porte, un calepin de notes ouvert avec un stylo qui pend au bout d'une corde. « Bonjour, nous serons de retour vendredi, Bises! » Le tout décoré joyeusement de dessins de fleurs. Nous sommes mercredi, deux jours à attendre. Zut!
 
Avant de me rendre à l'auberge de jeunesse, je vais tenter de trouver un endroit pour me restaurer. Je marche un peu dans la ville. Le jour commence à tomber. Je croise un jeune homme à la longue chevelure. Je l'aborde pour lui demander s'il connait un restaurant sympa, pas très cher où les jeunes du coin se rencontrent. Il ne sait pas trop, mais me refile un ticket du Resto U et m'indique comment m'y rendre. C’est à côté.
 
Dans un vaste édifice universitaire, le resto U est au bout d'un long couloir. À l’entrée, je prends plaisir à regarder défiler la jeunesse française. C'est le pays de la mode et ça paraît. Même si la plupart des jeunes sont débraillés, jeans et chemises indiennes sont légion, un soupçon de raffinement vient compléter le tout. Plus chez les femmes que les hommes bien entendu, mais tous ont une petite touche pour se mettre en évidence. Je prends plaisir à regarder les jeunes Françaises que je trouve bien charmantes. Tout d'un coup, je vois une tête se détacher au fond du couloir. Mais, c'est Ghislain! Je le suis du regard au fur et à mesure qu'il s’approche et quand il arrive à moi, je m’exclame:
 
-       Hey Ghislain, qu'est-ce tu fais ici?
-       Daniel! C'est plutôt à moi de te poser la question.
 
Nous nous sommes connus à un endroit aux antipodes de ce lieu: comme éboueurs à Montréal. Nous travaillions tous les deux le soir pour une entreprise ayant son atelier à Ville d'Anjou, au bout du monde.  Le parcours en autobus pour s'y rendre était interminable et régulièrement, nous le faisions ensemble. Féru de philosophie, il m'expliquait que ce travail lui permettait de vivre concrètement la pensée de Teilhard de Chardin. Il faut dire que nous détonnions un peu dans le décor. Si ce travail offrait un horaire idéal aux étudiants, nos collègues étaient des ouvriers peu qualifiés venus arrondir leurs maigres fins de mois. C'était un travail dur et exigeant, mais bien payé. Je m'y suis fait une allure athlétique au prix de courbatures incessantes qui me labouraient le corps pendant les heures de cours.
 
Ce genre d'expérience crée des liens et même si nous avions perdu contact depuis, on se retrouvait comme des frères. Il est venu étudier ici la philosophie. Il est très heureux de son choix. Il habite une grande chambre à l'extérieur de la ville. Après lui avoir résumé mon parcours, il m'invite chez lui. Il ne faut pas trop tarder, car le dernier bus pour le Tolonet quitte bientôt.
 
Après un trajet de quelques minutes, nous descendons  en pleine campagne et nous suivons une route de terre qui grimpe assez abruptement.  J’aperçois l’entrée du domaine : une vaste maison au milieu des arbres.
 
-       C’est un lieu connu ici : le Château Noir ! Cézanne l’a peint à plusieurs reprises.
-       Incroyable ! Je suis un fan de Cézanne. Moi, mon truc, c’est plutôt la peinture, pas la philo. Pourquoi Château Noir, il n’est pas noir ?
-       Il semble que c’était un lieu où on pratiquait la sorcellerie.  Il y aurait encore des esprits.
-       Oups !
-       Mais je n’ai encore rien vu ni entendu.  Tu peux dormir tranquille.
-       En plus, c’est la pleine lune, lui dis-je en pointant derrière, la Montagne de la Victoire qui reflète la luminosité de l’astre bien rond.
 
Il habite au dernier étage du domaine, un bel espace grand et ouvert, avec des petites fenêtres qui donnent sur la montagne et le ciel étoilé. C’est aménagé avec goût et je m’y sens à l’aise.  Il sort un mince matelas du placard et l’heure du sommeil ne tarde pas.  Il doit partir au petit matin, il a cours toute la journée, et m’invite à rester jusqu’au lendemain. Il me précise que se balader aux alentours est très agréable.
 
Aux aurores, il émerge, me salue et m’invite à me servir pour le petit-déjeuner, mais quitte le ventre vide.  Je flâne et je profite du lieu lumineux, le gris breton a fait place au bleu méditerranéen. Après quelques biscottes confiture et un grand bol de café noir, je sors explorer les environs.
 
Le domaine marque son âge. Il est entretenu, mais garde un petit côté délabré qui me plaît.  Il n’y a pas âme qui vive.  Tous sont des étudiants partis à Aix ? Derrière, un sentier m’invite à m’enfoncer dans la forêt de pins.  J’inspire profondément les effluves enivrantes.  La Provence, pays d’odeurs, tient ses promesses.  Le soleil chauffe mon visage.  Ça fait longtemps que je ne l’avais pas vu celui-là ! L’air est frais, mais sec. Le sol est un tapis d’épines orangées.  Des pierres le transpercent ici et là.  Pour un habitué des forêts de conifères canadiennes, le spectacle a un côté familier, mais est en même temps totalement exotique, probablement dû à la rareté de l’eau qui se devine à cette végétation composée de plantes odorantes et desséchées. Je reconnais du thym et du romarin que je cueille et hume avec plaisir.
 
La journée passe rapidement. On se fait un petit souper de pâtes en nous remémorant nos histoires d’éboueurs.  Le lendemain, nous descendons en ville et nous faisons nos au revoir après que Ghislain m’ait  m’invité à revenir quand bon me semble.
 
Je dois patienter quelques heures avant de me pointer chez Gilles et sa copine.  Je veux leur laisser le temps d’arriver.  Il n’y a pas de musée dédié à Cézanne , une aberration. Je marche donc dans les petites rues de la ville en prenant un grand plaisir à entendre chantonner les Provençaux avec leur accent aux antipodes du nôtre.  Je me sens immergé dans un genre de Parapluies de Cherbourg méridional où les  parapluies se sont repliés pour faire place au bonheur de vivre au soleil.
 
Vient le temps de remonter les escaliers arrondis qui mènent chez Gilles. La note sur la porte a disparu. je frappe.  Quelques secondes plus tard, une magnifique châtaine aux yeux bleus m’ouvre. 
 
-       Bonjour, c’est bien ici que vit Gilles ?
-       Ah oui, j’imagine que tu es le Canadien qu’il a rencontré dans la tempête de neige ?
-       Eh oui !
-       Gilles… C’est ton copain, le Canadien ! hurle-t-elle en se retournant.
 
Il émerge en courant du fond de l’appartement et nous nous enlaçons.
 
-       Wow, tu as fait vite, je ne croyais pas que tu viendrais et aussi rapidement.
-       Tu m’as donné le coup de pied au cul dont j’avais besoin pour aller voir ailleurs
-       Bienvenue !  Fais comme chez toi.
 
La belle s’est éclipsée et Gilles en profite pour me souffler à l’oreille que son passage chez moi fait sensation auprès de ses amis, mais que la présence des Gaspésiennes a disparu du narratif : nous en avions chacun adopté une ! Je lui fais un clin d’œil complice.
 
Il me fait faire le tour.  Le tout est décoré à l’orientale et par une main féminine. Il est ici chez elle et depuis peu.  Il vient de Paris et a tout abandonné pour venir s’installer ici.  Il y a un lit dans le couloir où je peux m’installer un peu à l’écart de la grande pièce où ils vivent et où elle travaille. Elle fait de la couture.  Elle crée des vêtements avec des tissus orientaux colorés, doux et diaphanes.  Ceux qu’elle porte mettent bien en évidence son corps aux proportions de rêve. Mais la belle a un petit côté froid, venu peut-être justement de sa beauté et de l’intérêt qu’elle suscite. Ils parlementent un peu, et Gilles et moi sortons boire un verre avant de ramasser des pizzas pour le repas du soir.
 
Au bar, il me fait part qu’en ce moment c’est plutôt tendu entre eux.  Je peux rester quelques jours, mais pas trop longtemps.  Même lui ne sait pas trop où il s’en va avec elle. La belle Lise a tout un caractère.
 
Après la pizza, un groupe de copines vient se joindre à nous.  La tempête de neige de l’Isle-Verte suscite beaucoup d’intérêt.  Être coincé trois jours dans le fond de la campagne par la neige et le blizzard est d’un grand exotisme ici. Ni Gilles ni moi ne faisons de faux pas dans notre récit malgré les bouteilles de rouge qui défilent. Les copines sont sympas, mais aucune attraction ne se manifeste. Heureusement !
 
Je passe les jours suivants avec Gilles qui me fait visiter le coin.  On discute et il ne semble pas trop savoir où il s’en va.  Elle a sa vie, mais lui a abandonné ses études et ne sait trop comment il va gagner la sienne.  Il vient d’une famille bourgeoise, jouer au hockey coûte cher, et il n’a jamais manqué de rien.  Ses parents l’aident un peu, mais ça ne s’éternisera pas. Je lui confie que moi aussi, tôt ou tard, je devrai travailler si je veux prolonger mon séjour jusqu’à la saison des cerises. 

De temps en temps, je m’éclipse pour les laisser vivre leur relation passionnelle qui oscille entre des moments de désir brûlant et des engueulades méridionales. La belle a le sang chaud.  En revenant d’une sortie suite à un moment de tension, personne, mais une note sur le calepin: Te quiero putana. (je t’aime putain).
 
L’appartement est le centre du groupe d’amies de la belle.  C’est une petite communauté tissée serré et toutes sont gentilles avec moi. Un soir, la discussion porte sur les différents scénarios pour me trouver du travail.  À Aix, c’est limité, mais deux idées ressortent du lot : aller dans les Alpes, pas très loin, pour faire la saison d’hiver ou aller en Crète . Dans le premier cas, la population locale ne suffit pas à pourvoir tous les postes saisonniers liés au ski ou à l’hôtellerie.  Pour le second, il paraît qu’il y a du travail dans les serres qui alimentent en légumes frais l’Europe pendant l’hiver.  Ce n’est pas très bien payé, mais la vie n’est pas chère, il fait beau et les jeunes d’un peu partout s’y rendent découvrir leur Zorba intérieur.
 
La Crète me tente, mais ça me semble pas mal loin.  Puis, faire du ski dans les Alpes est un rêve pour moi qui ai passé mon adolescence sur les pistes à Mansonville. Je fais ce choix et décide de partir le lendemain, Noël approche.
 
Le départ est chaleureux et l’invitation à revenir, sincère.  Peut-être leur relation sera-t-elle stabilisée d’ici là.  Gilles m’indique où faire du stop pour me rendre à Gap.  Il fait gris. Le mistral souffle et me gèle les os. L’endroit pour faire du stop est bon, mais l’attente est longue, interminable. Tranquillement, je rumine sur mon choix.  Ne devrais-je pas plutôt aller en Crète, il y fera chaud et c’est plus exotique. Après trois heures d’attente, je capitule et décide de mettre plutôt le cap sur la Crète le lendemain.  Je me pointe chez Gilles où je cause la surprise. 
 
-       Déjà de retour ?
-       Ouais, le stop ne fonctionne pas et j’ai changé d’idée, je vais en Crète.
-       A mon avis, c’est le meilleur choix.  C’est très in en ce moment. Ceux que je connais qui y sont allés ont adoré.
-       Allez-on va fêter ça !

 

Note: si vous avez des questions ou des commentaires, communiquez avec moi, ça me fera le plus grand plaisir! 

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