Le Pékinois sous la pluie
- 28 juin
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Une douce averse vient perturber ma promenade dans l’immense jardin botanique. Heureusement, un gazebo se pointe, je l’enligne, un homme s’y trouve. Nous engageons la discussion. C’est un Chinois filiforme, habillé négligemment ou sportivement, va savoir. Il habite à Pékin, il s’avère très volubile et expressif. Son anglais est teinté d’un fort accent que j’ai de la difficulté à suivre. Après chaque intervention, il se met à rire. Il est ici pour la saison des julienne fruit, je n’ai aucune idée de ce que c’est, je l’apprendrai le lendemain.
Il me dit que la vie est meilleure ici. Pourquoi, à cause de la liberté ? Oui, chez nous on peut penser ce que l’on veut, mais on ne peut pas le dire et ce n’est pas facile d’avoir une pensée critique, on manque d’informations. Et vous ne pouvez pas élire vos dirigeants ? En effet. Peut-être un jour ça changera ? Je ne crois pas de mon vivant.
L’averse se tarit, nous reprenons chacun notre route après une poignée de main chaleureuse et une prise de photo.
Le lendemain, en roulant entre l’aéroport et le quai où je dois m’embarquer, sur la route défile une suite sans fin de vendeurs avec chacun une pile d’un gros fruit plein d’écales que j’avais vu à Kuala Lumpur. Davian fruit, it’s the season, people get crasy m’apprend le chauffeur. C’est le fruit qui pue ? Oui. Vous aimez ça ? I love it. Je vais tenter d’y goûter.
En lisant sur le sujet, j’apprend qu’il pue tellement, une odeur de bas d’athlète fermenté, qu’il est interdit d’en manger dans les transports publics et les chambres d’hôtel. Selon Anthony Bourdain, qui goûtait tout ce qui lui tombait sous la main, après en avoir mangé on a une haleine comme après avoir embrassé (french kiss) pendant des heures le cadavre de sa belle-mère. Pas sûr que je vais tenir ma promesse.
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