Bilan carbone et tourisme de masse
- 3 juil.
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Faire un tour du monde n’est pas très bon pour mon bilan carbone, j’en conviens. Si à la maison grâce à notre hydro-électricité et mon véhicule électrique ça va plutôt bien, là je contribue alègremant au réchauffement climatique même si plusieurs de mes vols sont compensés. Aurai-je du m’abstenir ? Je me suis posé la question mais pas très longtemps.
Voici mon raisonnement, j’aime voyager et devrais-je m’en priver alors que de nombreux pays, les Américains en tête, les Canadiens derrière se traînent les pieds pour mettre en place un véritable virage écologique. L’exemple qui me vient en tête serait d’isoler au maximum une maison en y laissant un pan de mur ouvert au vent, totalement inutile. Mon sacrifice d’arrêter de voyager n’aurait aucun impact sur la planète, ceci dit je fais mon possible à la marge.
L’avion est un pollueur majeur et la compétition entre les pays a pour effet que le carburant est peu ou pas taxé, ce qui rend les vols abordables. Effet pervers, en Europe, les trains sont moins compétitifs pour les moyennes et longues distances.
Augmenter de façon importante les taxes sur le carburant aurait un impact significatif pour diminuer le trafic aérien, mais ceci aurait des conséquences importantes pour beaucoup de gens. Les riches et très riches qui contribuent de façon scandaleuse aux émissions seraient peu ou pas touchés. Par contre, le tourisme de masse serait ébranlé. À un bout de la chaîne, les classes moyennes au nord devraient voyager moins et au sud, la survie des gens qui en dépendent serait fragilisé. Ici en Malaisie, c’est la deuxième source de revenu. En Polynésie Française, la première. Ça compliquerait aussi la vie des gens qui vivent dans les régions périfériques au Québec.
La rétiscence de la classe moyenne inférieure aux politiques écologiques est devenu le moteur de la droite dans nos démocraties. On peut les comprendre, leur mode de vie basé sur une énergie bon marché serait fortement perturbé. Un défi à relever.
La résistance au changement est forte..ex: les gens achètent des véhicules de plus en plus lourds/gros.
Mon feeling est qu'implicitement - pour ne pas dire inconsciemment - un consensus se forme autour de l'idée que la technologie (comme par exemple la captation du carbone, voitures hybrides..) va nous sauver du réchauffement planétaire (comme si ce n'était pas déjà un fait) et nous épargner de changer nos habitudes/prefererences.