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Georgetown, vivre ensemble dans un lieu historique

  • 15 juil.
  • 3 min de lecture

 Penang est une de ces villes industrielles d’Asie où l’on assemble des microprocesseurs et autres pour ainsi offrir à ses habitants un niveau de vie semblable au notre. Les tours d’habitation et la modernité des véhicules en fait foi. J’aurais bien aimé voir de plus près ces usines dont on parle tant, mais malgré mes recherches, aucune opportunité ne s’est présentée.

Par contre, Georgetown, le vieux-Penang, est bien conservé, vivant et reconnu au patrimoine mondial de l’Unesco. Y côtoient Malaysiens, Chinois et Indiens. Quelques édifices rappellent aussi notre occupant commun, les Anglais. Peu de traces cependant sauf la conduite à gauche à laquelle je peine à m’habituer.

Ces cultures cohabitent harmonieusement. Chaque quartier est bien tracé, à part quelques restaurants chinois et temples bouddhistes qui s’égrènent un peu partout. J’étais présent au moment du festival culturel qui souligne la reconnaissance de la vieille ville par l’Unesco. Pour l’occasion, plusieurs institutions avaient ouvert leurs portes au public et j’en ai bien profité.

Les édifices Indhous sont clinquants et chargés de sculptures qui s’empilent dans un ordre que je n’ai pu reconnaître. Cette exhubérance est compensée par la discretion de l’accueil.

Par contre, dès l’arrivée aux mosquées nous sommes accueillis avec insistance pour nous rappeler tous les interdits dans lesquels baignent cette religion monothéiste. Des habits sont disponibles pour couvrir les femmes et les jambes des hommes si besoin en est. Évidemment, chaque sexe prend sa direction et il est en général interdit de pénétrer dans la salle des prières si on n’est pas musulman. Je ne m’attarde pas.

Chez les Bhouddistes chinois, c’est l’inverse. On est accueilli généreusement et à part l’obligation d’enlever ses chaussures, on peut y filmer, photographier et parler. Des guides sont disponibles pour nous expliquer le truc, car ce n’est pas évident.

Chaque temple est en fait un club social ayant pour but de soutenir la communauté et de vouer un culte à leur héros local. Local, parce que chaque communauté est reliée à sa région d’origine en Chine ou encore à une profession. J’ai ainsi visité celle des charpentiers où on nous décrivait bien l’inventivité et la richesse des traditions chinoises. Entre autres, leur maîtrise des tenons et mortaises est stupéfiante. Jadis charpentier et ayant fait un stage en France, j’étais en mesure d’apprécier. C’est un rappel de la grandeur de la civilisation chinoise auquel je vais revenir.

Ce qui est aussi surprenant, c’est que ces communautés sont formées majoritairement de citoyens arrivés ici il y a longtemps, très longtemps, certain depuis 200 ans. Le multiculturalisme est bien vivant ici et l’assimilation culturelle un concept non traduit dans la langue locale.

Ces “clubs sociaux”ont été tranformés en lieu de culte pour une raison bien précise. Menacés de destruction par l’occupant britannique qui y voyait là des lieux de complotage, les Chinois, toujours inventifs, avaient remarqué que dans les lois britanniques, la destruction des lieux de culte était interdite. Comme le bouddhisme fait preuve de flexibilité, ils ont saisi l’occasion.

Les Malaisiens se reconnaissent à leur allure indonésienne et au voile que portent les femmes, parfois de façon très élégante.

Tous ont en commun de bien m’accueillir et si je suis déorienté ou perdu dans un menu ou autre, on vient toujours me dépanner avec une gentillesse désarmante. S’il y a quelques touristes blancs, nous sommes perdus dans la masse asiatique qui défile, en groupe mais pas seulement. Les jeunes japonaises se démarquent avec leur habillement de poupée parfois déglinguée, rigolo.

J’ai horreur de me retrouver dans un lieu touristique au milieu de la masse qui défile, d’être en minorité aide à faire passer la pilule.






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