Mon presque frère Raoul
- il y a 6 jours
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Vous vous demandez sûrement comment ai-je été invité à ce mariage au bout du monde. C’est une longue histoire.
En 1980, lors de mon dernier voyage de jeunesse bohémienne avant mon retour aux études, j’ai eu l’opportunité de travailler au sein de l’Association Coopérative Aquitaine où l’on tâtait la charpente traditionnelle. J’étais l’apprenti de Raoul, un soixante-huitard qui mettait en pratique l’utopie de ce coup de vent qui a dépoussiéré la vieille France.
Nous nous côtoyions toute la journée et enfilions les soirées où de bar en restaurant nous développions une complicité qui s’est maintenue au fil des ans. Il est régulièrement venu au Québec avec et sans sa famille et je lui ai rendu la pareille. J’ai vu grandir ses trois fils et développé une amitié avec Edith, sa femme.
C’était mon grand ami, mon presque frère, car ni lui ni moi n’en n’avions. Nous pouvions passer des heures sans fin à discuter de tout et de rien, avec ou sans alcool. Parfois, nous lèvions la voix, il était plus à gauche que moi, mais plus souvent apparaissaient des rires profonds issu d’une complicité qui se passe de mots. Je parle au passé, car Raoul nous a quitté il y a maintenant 6 ans, emporté par un cancer pénible. J’y suis passé régulièrement pour l’accompagner lors de ses traitements et j’ai été invité à porter son cercueil en compagnie de ses trois fils.
Je suis resté proche de la famille malgré les kilomètres. À la retraite, je passe chaque année. C’est en quelque sorte devenu ma deuxième famille. Je suis devenu tonton Daniel avec qui partager notre amour pour Raoul, lui si imposant et omniprésent, s’obstine à revenir nous tenir compagnie ici et là. Depuis une dizaine d’année, son fils Raphaël habite ici avec une Réunionnaise : Raphaëlle! Ils ont convenu d’officialiser cette union à La Réunion.

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