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Une invitation qui ne se refuse pas

  • 2 juil.
  • 2 min de lecture

 

Il y a deux sentiers qui permettent de faire un genre de tour de l’ile où je suis. Les distances sont courtes, heureusement, car ce circuit s’est avéré exténuant. La chaleur et l’humidité (facteur humidex 35c) ajoutent au relief assez exigeant. Le sentier est sommairement aménagé mais se détache bien de la jungle exhubérante une fois l’accès trouvé. Heureusement, AllTrails existe car la signalisation n’est pas la force des Malaisiens, même dans les aéroports on se perd.

 Je me suis aventuré seul, sans signal téléphonique, un peu imprudent j’en conviens. J’ai croisé une personne dans la première section, personne dans la deuxième. Entre les deux, un défilé de plages, d’hébergements, de casse-croutes et surtout d’agences de plongée et d’apnée, le truc du coin.

Épuisé, assoiffé et affamé, j’y ai trouvé le graal : un café proposant l’assiette de fruits à laquelle je rêvais et une télévision diffusant le match Maroc-Pays-Bas, prochain adversaire du Canada dans cette coupe du monde.

Bien rassasié et reposé, j’enligne la suite des plages pour me poser et me baigner dans la dernière où un contingent de jeunes du coin s’initient à la plongée en apnée, je dirais plutôt se laisser flotter avec des lunettes.

Puis je reprends mon chemin. Le sentier n’est pas évident à trouver. Je me renseigne auprès d’une vieille dame qui me fais signe que je dois passer sous la clôture qui borde la plage. Il y a justement un endroit où passer qui n’est pas trop bas, je l’emprunte et trouve le sentier, non-balisé, et manifestement peu fréquenté. Ça grimpe bien, j’hésite un moment avant de poursuivre étant seul, mais j’y vais très prudemment. Il est plus raide que le premier. Monte monte, mais la descente arrive assez rapidement et se révèle encore plus pentue.

C’est soulagé et un peu à bout que j’attteins la plage. Un petit bouiboui fait office de centre de plongée et s’y trouve 5 employés attaquent leur repas modeste : riz, poisson et omelette. Ils m’invitent à me joindre à eux. J’hésite un peu, mais difficille de refuser. L’un d’eux me sort une assiette et je demande un ustensile, ils mangent tous à la main. On m’offre un coke, je refuse préférant de l’eau. Ils boivent un liquide verdâtre sucré auquel je ne me risque pas, diabète comme prétexte. Seul, un originaire du Bengal Desh parlent anglais, les 4 autres sont malaisiens. Ils viennent d’un peu partout pour travailler ici et selon eux c’est bien.

Après avoir mangé, ils se dirigent vers le lavabo, souvent présent dans les salles à manger, je me demandais pourquoi, voilà, pour se laver la main avec laquelle ils fumeront chacun leur cigarette, sans oublier de m’en offrir une, que je décline. Au moment de partir, je sors un billet qui est refusé, j’insiste pour payer l’eau et cigarettes que je dis. Finalement, c’est accepté.

Il semble que dans notre monde, plus on est pauvre, plus on partage…


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