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Nous étions guerriers, once were warriors

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

 Si Brel a inspiré ma premiere destination de ce tour du monde, le film were once warriors a inspiré mon deuxième arrêt. Ce film néo-zélandais m’avait marqué lors de sa sortie et est resté gravé dans ma mémoire comme peu de film. Je l’ai revu, sa puissance m’a de nouveau ému à fond, un gros hoka.

Il illustre avec un vaste spectre d’émotions la déchéance d’un peuple autochtone, les Maories, suite à la perte de leur territoire, leurs repaires et la soumission au nouvel occupant, son autorité, sa religion. Une situation très familière à ce que nous vivons au Canada. La toxicomanie, les abus physiques et sexuels, les suicides et l’alcoolisme fœtal y atteignent des taux stratosphériques. 

Nous avons une dette envers ces peuples dont nous occupons le territoire ancestral et devons faire preuve d’humilité dans nos relations avec eux. Il y a des avancées, on doit le reconnaître, mais il reste beaucoup de chemin à faire.

 

L’aspect qui me touche particulièrement dans ce film c’est la condition masculine. Le guerrier est le stéréotype masculin par excellence et il dort en chacun de nous, nous les garçons.

Près de nous, j’ai appris qu’est faux le mythe à l’effet que les Mohawks ne souffrent pas du vertige ce qui leur a permis de construire tous ces High rise nord-américains. C’est plutôt qu’en brave guerrier, ils ont appris à maîtriser leurs peurs, leurs émotions. C’est à un niveau extrême de ce que la plupart des garçons sont soumis : ne pas pleurer, rester impassible, se retenir, être fort. C’est ce que j’ai vécu aussi. Je fais partie d’une génération ou garçons et filles grandissaient chacun de leur côté à l’école puis au collège. La pression de groupe était forte. À la maison, les pères étaient absents ou silencieux sauf en cas de faute grave “attends que ton père sache…”.

Cette domination mâle a eu et a encore des effets pervers, on estime à plus de 30% les filles victimes d’abus sexuel par un proche. Ces dernières années, j’ai eu des contacts avec 3 femmes victimes et le thraumatisme est profond, malgré des démarches personnelles intense les blessures restent non seulement chez elle, mais chez leur fille et même leurs petit-enfant dont l’avenir est hypothéqué à différents niveaux. Un traumatisme sévère se transmet de générations en génération malgré d’intenses efforts pour éteindre le feu.

Le processus de conditionnements des jeunes garçons est efficace, et à force de contenir nos émotions on vient qu’à ne plus les ressentir. On est figé. J’ai pu constater ce fait lors d’une longue thérapie avec un psychologue sensible à cette problématique des pères avec peu de mots et absents du foyer, ce qui était la norme à l’époque.

 

Heureusement ça change, nous sommes dans une société où le combat fait place à la collaboration, où l’expression de ses émotions est valorisée. Mais nous, hommes, nous nous retrouvons démunis dans ce nouvel univers. Plusieurs s’adaptent et s’émancipent de cette carapace étouffante, mais de nombreux résistent. Ce qui explique en bonne partie l’engouement des jeunes mâles pour l’extrême droite. Ce sont eux qui ont porté Trump au pouvoir et son derrière tous ces partis qui remettent en question nos valeurs démocratiques. Poutine est un modèle. Les féminicides sont toujours d’actualité, les maisons pour femmes victimes de violence débordent, le taux de décrochage scolaire des garçons est inquiétant. Un vrai problème dont nous devons prendre la mesure. Mais c’est loin d’être facile. Un de mes amis psychologue spécialisé auprès des hommes violent me disait que tous ceux qui consultent le font par obligation juridique. On n’est pas sorti du bois.


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