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Parlons huile de palme

  • 15 juil.
  • 3 min de lecture

Première chose qui frappe en roulant sur les routes de ce circuit autour du monde, c’est qu’elles sont toutes, oui toutes, en meilleur état que dans La Belle Province. Oui, y’a le froid, mais ceci n’est pas une excuse, allez voir au Vermont qui partage notre climat féroce.

Sur les routes de Malaisie, ce qui saute aux yeux c’est la végétation : des plantations de palmiers qui se suivent sans fin. Les fameux palmiers dont les fruits sont gorgés de l’huile maudite, 35% de la production mondiale y trouve son origine. Moi qui ai souvent roulé au cœur de l’Amérique du Nord, estomaqué par la suite sans fin des champs de maïs et soya, fait le lien. Les monocultures comblent les vides autour des villes où s’entassent maintenant la majorité des être humains. Il faut bien les nourrir et pas trop cher pour qu’ils puissent se doter des biens indispensables de la vie moderne et qui s’allonge sans fin.

La production et la consommation d’huile de palme fait polémique au point où certains en recommandent le boycottage. Je reviendrai concernant la consommation pour m’attarder sur la production.

Le premier reproche qui est fait concernant la production de l’huile de palme est qu’il faut déboiser les forêts naturelles pour les planter. Or, nous avons besoin de ces forêts pour absorber les gaz à effets de serre et pour protéger la bio diversité. Deux vrais enjeux dont les solutions ne pas simples.

Le monde a beaucoup changé depuis mon adolescence. À ce moment là, seuls une poignée de pays d’Amérique du Nord, d’Océanie, d’Europe de l’Ouest et du nord bénéficiaient de régimes démocratiques et les classes moyennes y vivaient confortablement. Les trente glorieuses. L’Espagne, le Portugal et la Grèce vivaient encore sous la dictature tout comme l’Europe de l’Est dérière le mur de fer. Le monde communiste était en faillite économique et le reste du monde vivait dans la pauvreté sous les dictats de dirigeants corrompus, le tiers monde ou pays en voie de développement.

Depuis, la démocratie a fait des pas apréciables, le communisme a presque disparu et des millions de gens sont sortis de la pauvreté extrême. Le monde est devenu de moins en moins exotique, dès qu’elles en ont les moyens les sociétés émergentes adoptent nos mauvaises habitudes de consommation et la planète étouffe. Occidentaux demeurons, par habitant, de gros consomateurs et vu notre longue histoire, nous avons contribué disproportionnellement à l’accumulation des déchets et des gaz à effet de serre. Nous avons une dette envers ceux qui sortent à peine de la misère.

 Nous qui avons jadis déboisé généreusement l’Europe et l’Amérique du Nord pouvons nous impunément interdire aux autres de faire de même ?

Notons certains faits à prendre en considération :

Produire un litre d’huile de palme exige 6 à 8 fois moins de surface cultivable que le soya ou le colza;

En Europe la majorité de l’huile de palme sert à produire du bio diesel qui, tant qu’à moi, devrait être interdit pour plutôt favoriser le passage au tout électrique;

Le gros inconvénient de cette huile est la présence de gras non saturé qui remplace les gras animaux, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais chacun devrait bien lire et comprendre les étiquettes pour faire des choix santé.

 

Loin de moi l’idée de laisser cette culture se développer sans fin, mais avant de s’indigner sur les dégâts des autres, privilégions plutôt ceux que nous continuons à faire chez nous.

Nous avons de belles et immenses forêts que nos gouvernements livrent pour pas grand chose aux exploitants forestiers afin de préserver des jobs payantes qui serviront à maintenir un mode de vie ou pick-ups, quatre-quatre, motoneiges et j’en passe, maintiennent les émissions des populations locales à des niveaux pharaoniques. Pendant ce temps, les caribous disparaissent, les autochtones peinent à maintenir leurs traditions. Occupons-nous donc de notre terrain de jeu avant de faire la leçon aux autres et ne faisons pas une Brigitte Bardot de nous.

L’huile de palme est produite dans des régions où peu d’alternatives économiques existent. Voici un témoignage à cet effet.


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