top of page

Tewwakarewarewatangaoteopetauaawahiao

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

J’ai participé à une visite guidée du village au nom incroyable : Tewwakarewarewatangaoteopetauaawahiao.

Dans mon groupe, un autochtone de Colombie Britannique affichait les couleurs des Canucks. À la fin, je l’ai solicité pour faire une entrevue vidéo où il s’est dévoilé et m’a même remercié pour mon écoute. J’étais très enthousiaste, il me semblait que ce serait un des bijoux de mon périple. En voulant la réécouter un peu plus tard, j’ai réalisé que je ne l’avais pas enregistré. J’essaie toujours de faire un peu vite et discret lors de mes entrevues mais là… J’étais enragé.

En voici l’essentiel. Jordan est membre d’une nation Arthabascane dans le nord du BC, tout comme Carey Price. Il est professeur de langue et de coutumes ancestrales. Il est venu ici pour comparer. Il a ainsi pu constater qu’ici ils ont mieux conservé leur langue et leurs coutumes. Lui, la parle avec ces concitoyens qui la maîtrisent mais la plupart l’ont perdu. Au Canada, l’internement des enfants, oui c’était bien des internats dont plusieurs ne sont jamais ressortis, dans les écoles chrétiennes a eu un effet dévastateur. La langue et les coutumes ont pratiquement disparu et aujourd’hui il faut reprendre le tout et c’est ce à quoi il déduit sa vie. C’est stimulant car l’intérêt est grand chez ses compatriotes.

Selon lui, la spiritualité entre son peuple et celle les maoris est très similaire : le respect de la nature, la notion de la globalité des choses, remercier et être reconnaissant au Grand Créateur de toutes ses merveilles.

Je lui ai demandé si cela s’harmonisait bien avec la religion chrétienne, souvent les peuples autochtones sont très religieux comme j’ai pu le constater en Polynésie. Lui, a rompu avec l’église à cause de la destruction qu’elle a causée. Il ne peut pardonner cette horreur, qu’on peut qualifier de génocide culturel.

Il est revenu aux croyances traditionnelles et ne s’en porte que mieux. À noter que pendant notre tour du village, avait lieu une cérémonie dans la salle traditionnelle, on pouvait l’entendre mais en rester loin pour ne pas déranger. Dans ce minuscule village, 40 personnes y vivent encore, il y a une église protestante, une église catholique et une maison traditionnelle où sont encore célébrés les grandes étapes de la vie : naissance, mariage, décès.

À la fin, Jordan a montré au guide, John, les deux pendentifs qu’il venait de se procurer qui les a saisis, les a frottés un moment avec ses doigts puis a donné ses instructions. “Avant d’en faire cadeau, tu dois les porter une journée entière afin d’en imprégner ta prèsence. Quand tu les donneras tu les enlève de ton cou pour le remettre à la personne. Il est maintenant imprégné de ton esprit.”

Pour terminer la conversation, au lieu de la poignée de main habituelle, John serre la tête de Jordan et colle son front puis son nez au sien et maintient la position un moment. Puis il nous explique que nez contre nez on respire le même air, c’est un échange spirituel.

En y réfléchissant par après, je me dis que nous avons l’opportunité de s’imprégner de cette spiritualité qui a franchi les millénaires et a permis aux humains de survivre et de vivre une certaine paix intérieure au fil des millénaires. C’est un savoir brut non contaminé par les grandes religions et autres sectes dont les dirigeants ont trafiqué le message d’amour original pour en faire un outil pour de pouvoir et ainsi maintenir les fidèles dans un état de soumission craintif.


Commentaires


bottom of page